Fabienne Cottret

* Cheminer et émulsionner le vivant des vivants *

La joie, une compagne de route

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La joie, une compagne de route

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La joie, voilà bien une émotion que j’ai eu du mal à cerner, à autoriser, à laisser m’habiter. La joie a été, pendant toute une partie de ma vie, une émotion étrangère, que je ne savais pas retenir, voir, sentir. L’impression du sable qui coule entre les doigts. Quelque chose qui passe, qui frôle, mais qui ne reste pas. Consciente qu’il me manquait ce lien à mon propre vivant, le vivant au creux de soi, je m’en suis mise en quête.

Un besoin non satisfait, une envie non assumée, un manque de lâcher prise ici ou là : la cause de l’absence de joie est un peu dans tout cela à la fois. Pendant deux ans, j’ai fait de cette reconnexion à la joie, un mantra. Je n’ai pas pour habitude de prendre de bonne résolution en début d’année : je pose à la place une intention forte, un mot, un verbe avec lequel je choisis de vivre toute l’année, que je nourris et qui me nourrit, m’accompagne en retour. Pendant 2 ans, j’ai vécu avec l’intention de « me reconnecter à la joie ». La joie, j’en ai fait un sujet, je l’ai mise au centre de mes actes, de mes quêtes, de mes questions et surtout de mes réponses. Pour que je lui trouve un ancrage profond. Pour en faire un indicateur personnel et corporel. Pour m’aider dans mes choix et dans mes voies. Pour en faire un de mes inconditionnels.

Depuis, je porte une attention particulière à mettre la joie parmi les cailloux que je dépose sur les cairn qui jalonnent mon chemin de vie.

Cultiver la joie, c’est cultiver notre lien à ce qu’il y a de plus vivant en nous.

Dans ce début d’année 2020 si particulière, j’ai senti la joie s’évanouir. Je l’ai senti imperceptible, lointaine, éteinte. J’ai accueilli à quel point cette sensation de vie manquait et me manquait. J’ai ressenti à quel point mon métier de liens et de création de liens, me nourrissait. A quel point la joie passe par le lien à soi, certes. Mais à quel point elle passe aussi et indéniablement, par le lien aux autres, à leurs différences, à la vibration que ce lien crée en nous, entre nous et autour de nous. Comme si le guide avait déserté le chemin.

Septembre 2020 se termine. Le mois de la rentrée des classes, des retours de vacances, et avec lui de la reprise d’activités professionnelles ou extra-professionnelles, de certaines retrouvailles, de certaines reconnexions. Un espace temps que j’ai vécu comme l’espace de la reconnexion à la joie, au vivant au creux de soi, et à ce rayonnement intérieur.

Écrire ces quelques mots sur la joie m’ont fait me replonger dans cette interview réalisée au printemps, il y a tout juste 6 mois, avec Daniel Chernet. Daniel m’avait questionné sur la joie dans mon travail, dans les groupes, et comment accompagner un premier pas vers la joie, en groupe.

L’interview complète est disponible ici. Bonne lecture et merci Daniel!