Contes de faits d’entrepreneur

Portrait de Christophe Terral, designer narratif et serial entrepreneur – février 2017

 

Relier les Hommes, c’est la mission que Christophe Terral a choisi. Et pour lui, le premier lien se trouve dans les histoires que l’on se raconte, dans les mots que l’on échange et qui nous relient. Résolument tourné vers les démarches collaboratives et le développement durable et personnel, ce consultant en stratégies et accompagnement narratifs fait des mots, une pierre philosophale au service de la connexion entre les Hommes. Tel l’alchimiste qui transforme le plomb en or, il transforme le verbe en lien.

Être en meilleur connaissance de soi pour être en meilleur connaissance des autres.

 

Christophe Terral, un serial entrepreneur qui met les mots au service de l’être ensemble

 

Quand les histoires de comptoir font vocation

« Dans le village, tout le monde disait qu’il allait « Chez Emma » : Emma était ma grand-mère. Elle tenait un café dans un petit village de la Montagne Noire. Elle était collectionneuse : elle collectionnait les histoires. Derrière son comptoir, elle m’a appris à écouter les gens, les clients, les passants qui s’arrêtaient et se déchargeaient ici de leurs histoires, de leurs états d’âme, de leurs maux et de leurs mots ». Christophe Terral commence ainsi à raconter son parcours, celui d’un serial entrepreneur qui a mis au cœur de sa vie et de ses projets ce que sa grand-mère lui a appris : le partage, l’écoute et le lien que créent les histoires.

Christophe explique aussi qu’après l’écoute, c’est la lecture qui a nourri son imaginaire et son goût pour les histoires : « La lecture me sortait de l’ennui » livre-t-il. « C’est de là que je tiens mon goût pour les mots ». Depuis, les livres et les mots ne l’ont plus jamais quitté. Il aurait pu devenir professeur de français, mais son côté touche à tout à eu raison de lui. « J’ai pris conscience de la puissance des histoires et de la transmission orale en devenant vendeur dans un magasin de mode masculine dans ma jeunesse : je n’avais pas l’impression de vendre quoi que ce soit, mais de discuter avec les clients. Je créais du lien et je m’adaptais à eux. Les clients achetaient d’autant plus. De là, mon choix de l’univers du marketing et de la communication est devenu une évidence ».

Mon trésor : l’alchimie des mots!

 

Quand la force du collectif nourrit la communication

En parallèle, Christophe a aussi l’occasion d’expérimenter le travail collectif et collaboratif, notamment en s’engageant comme bénévole dans la jeune chambre économique. « Ces expériences ont été de véritables écoles de formations par l’action, et ont renforcé mon attirance pour les problématiques liées aux territoires » explique-t-il. Il travaille alors à la Chambre de métiers, de commerce et d’industrie où il gère la communication politique et territoriale. Ceci le mène, 2 ans plus tard, à monter sa première agence de communication spécialisée sur les sujets liés aux territoires, à Bayonne, avec son associée. « Malgré notre jeunesse, nous avons remporté un appel d’offre important non pas avec une idée créative, mais avec une méthode de travail innovante. Nous avons proposé que les acteurs du territoire, en l’occurrence les commerçants, participent eux-mêmes à la création des messages et de la campagne de communication les concernant. Une méthode infaillible pour qu’ils s’approprient le projet et y adhèrent ».

Cette campagne est un succès et fait décoller l’agence qui connaît un beau parcours pendant 7 ans. « La dynamique s’est ensuite essoufflée et je suis revenu à une autre forme de relation client : j’ai pris part au développement d’une boutique d’objets de décoration écologiques produits en France ». Une nouvelle aventure qui a duré 3 ans à Biarritz et qui a fait définitivement basculer Christophe Terral dans l’univers du développement durable.

 

Quand la connaissance de soi amène à la connaissance des autres

Pour Christophe Terral, l’expérience entrepreneuriale ne peut se penser sans la connaissance de soi. Au fur et à mesure de son parcours, il met en pratique une citation de Gandhi : «  le meilleur moyen de se trouver soi-même est de se perdre au service des autres ». Curieux, ouvert, tourné vers les autres et le collectif, il s’investit dans l’humain dès que la possibilité s’offre à lui. Secours catholique et intervention en soutien des SDF font partie de ses champs d’engagements dans lesquels il endosse des responsabilités et positions de « faiseur de liens ». A cela, il ajoute le champ du développement personnel, un champ expérientiel qu’il dit indispensable pour s’investir dans l’humain. « J’ai été beaucoup en recherche de moi-même. Être en meilleure connaissance de soi pour être en meilleure connaissance des autres est un principe fondateur pour moi ».

Ses sensibilités liées à l’humain, au respect de la nature, au collectif, alliées à ses goûts de communicant, le mènent à imaginer une nouvelle entreprise. Il crée ainsi un cabinet de conseil en communication adoptant des principes écologiques. « J’ai mis au cœur de ce projet tout ce que j’ai expérimenté par le passé. C’est une formidable alchimie : grâce aux techniques d’intelligence collective, je donne aux entreprises l’occasion de créer leur propre contenu. Les entreprises génèrent ainsi leurs histoires. Moi, je leur donne du corps, de la forme, des formes. C’est une méthode très puissante qui permet une créativité sans limite ».

Et Christophe de conclure : « mon alchimie à moi, ce sont les mots. Aujourd’hui, j’ai compris que mon entreprise, ma vocation, c’est de créer du lien. En choisissant le mot, je crée du sens. Et créer du sens, c’est relier, en particulier relier les Hommes. Et la boucle est bouclée ».